UN POINT DE VUE SUR LE RUGBY VETERAN
Voilà : je ne suis plus tout jeune et je joue au sein des Céven'olds...C'était hier, je faisais des cabanes dans les arbres et je m'y écorchais les genoux.
J'aimais sentir l'odeur de terre mouillée après une pluie d'orage en été et j'imaginais des univers dans des flaques d'eau sous le soleil de l'enfance. Maintenant, c'est loin et ça paraît si proche pourtant.Mais comme tous les vendredis soirs, avec d'autres vieux gamins je joue au rugby.
Je m'y écorche encore les genoux et la terre mouillée je la sens de près...
Et après l'entraînement, la nuit se prolonge autour d'un verre, où nous, les vieux gamins, nous rajoutons un peu de magie de l'enfance en se racontant des histoires fantastiques de : "T'as vu le plaquage ?!" ou de "Raconte moi la passe que tu lui as fait pour qu'il marque l'essai !".
Des histoires grandioses, épiques et dérisoires, qui nous permettent de raviver la magie de notre enfance.Histoire d'éloigner un peu la Camarde (*)qui nous attend au bout du couloir de la vie.Pour finir ces quelques mots en donnant une idée de l'état d'esprit qui règne chez les vétérans du rugby, j'emprunterai cette courte phrase de François Rabelais concluant son introduction de Gargantua :
"Vivez joyeux !".
* La fameuse Camarde « qui n'a jamais pardonné d'avoir semé des fleurs dans les trous de son nez » à Georges Brassens...
Patrick SANDOU 18septembre 2012